
Entretien avec Bertrand Rigaud, de pâtissier à commercial artisan chez Eurovanille Après 29 années passées chez Eurovanille en tant que...
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Après 29 années passées chez Eurovanille en tant que commercial France auprès des artisans, Bertrand Rigaud revient sur son parcours, l’évolution de son métier et les transformations de l’entreprise.
Ancien pâtissier, il partage ses souvenirs, ses rencontres et son regard sur le monde de la vanille.
Tu viens de prendre ta retraite après 29 ans chez Eurovanille : qu’est-ce que tu ressens au moment de tourner cette page ?
Un peu de tristesse, bien évidemment, car j’ai passé de merveilleux moments dans cette entreprise. Je suis fier d’avoir contribué et d’avoir apporté ma pierre à cet édifice qu’est Eurovanille.
Tu te souviens de ton arrivée chez Eurovanille ? Comment était l’entreprise à l’époque ?
Avant de rejoindre Eurovanille, j’exerçais le métier de pâtissier.
En 1979, après mes deux années d’apprentissage et l’obtention de mon CAP de pâtissier-confiseur-glacier, j’ai devancé l’appel et je suis parti faire mes 12 mois de service militaire en Allemagne. À mon retour, en novembre 1979, il a fallu que je trouve un emploi.
Il y avait justement une grande et renommée pâtisserie parisienne, Coquelin Aîné, qui cherchait un pâtissier. Deux jours après, j’ai commencé à travailler dans cette pâtisserie.
J’y ai travaillé pendant 17 ans.
En juillet 1996, mon patron a décidé de prendre sa retraite. Faute de repreneur, il a fermé cette maison centenaire et je me suis donc retrouvé au chômage.
En janvier 1997, j’ai décidé de me laisser une chance de changer d’orientation professionnelle.
Quand je voyais les commerciaux passer au laboratoire, cela me donnait envie, surtout que j’ai toujours eu un bon relationnel avec les autres et que j’aime échanger, malgré une certaine timidité à l’époque.
J’ai donc commencé à chercher une place de commercial. J’ai d’abord appelé tous nos anciens fournisseurs, mais ils ne cherchaient personne.
J’ai donc, pour ceux qui connaissent, pris mon Minitel et j’ai cherché tous les grossistes en agroalimentaire, sans succès.
Je n’ai pas baissé les bras et, un jour, la chance m’a souri.
Je suis tombé sur une petite dame très sympathique qui m’a donné les noms de fournisseurs chez qui ils achetaient leurs produits. Dans la liste, il y avait Eurovanille.
J’ai donc appelé et je suis tombé sur Olivier, le frère de Laurent. Il m’a dit qu’il cherchait justement un commercial à mi-temps, de 8 h à 12 h.
À l’époque, ils considéraient que l’après-midi, il n’y avait pas de travail. J’ai démontré le contraire et j’ai été embauché à plein temps.
Un rendez-vous m’a été donné pour me présenter rue Castagnary à Paris.
Arrivé sur place, j’ai commencé à me poser des questions, car je me suis retrouvé dans un garage en sous-sol. Au bout de quelques minutes, Olivier est arrivé.
À la suite de ce rendez-vous, j’ai été embauché et l’histoire chez Eurovanille a commencé.
Quand tu as commencé, comment décrirais-tu ton métier de commercial auprès des artisans ?
Quand j’ai commencé, les artisans étaient beaucoup plus disponibles qu’aujourd’hui. Les échanges étaient beaucoup plus faciles.
Comme nous n’avions pas Internet, il fallait prendre le Minitel pour trouver les adresses des professionnels. Je relevais les adresses sur un bloc-notes et ensuite je les rentrais dans un fichier sur l’ordinateur.
Je rentrais l’adresse, puis je passais mon appel immédiatement et j’envoyais ensuite les échantillons.
Il fallait noter la commande du client à la main sur un bon de commande et, vers 12 h ou 13 h, faxer toutes les commandes à l’usine afin qu’elles soient traitées.
En 29 ans, qu’est-ce qui a le plus changé dans ton métier ?
Les artisans sont moins disponibles qu’avant. Il y a beaucoup plus de filtrage, car je pense qu’ils sont davantage sollicités au téléphone.
En fait, ce qui a surtout changé en 29 ans, c’est la technologie qui nous permet d’effectuer notre travail : l’informatique, Internet, l’IA, entre autres. Ces avancées nous ont fait gagner un temps fou.
Mais il y a aussi une chose qui a fortement évolué : le développement de la concurrence.
Quand j’ai commencé, j’avais deux concurrents sérieux. Depuis, il y a de plus en plus de concurrence qui arrive chaque jour sur le marché.
C’est pour cela qu’il faut se différencier en cherchant des produits innovants comme le Cœur de Vanille ou la Perle de Vanille.
Comment as-tu vu évoluer les attentes des artisans au fil des années ?
Par rapport au début, les artisans attendent de nous un accompagnement sans faille, des conseils et des idées pour la mise en œuvre de leurs recettes.
Ils apprécient notre réactivité dans leurs demandes, par exemple pour obtenir des fiches techniques, des factures, des analyses ou simplement un suivi de colis.
Et plus largement, comment as-tu vu évoluer le marché de la vanille ?
La vanille est un produit incontournable pour les pâtissiers et les glaciers, moins pour les restaurateurs, car en cas de fortes hausses des tarifs, ils remplacent la vanille par d’autres produits.
Depuis une vingtaine d’années, le marché de la vanille a subi une forte évolution, entre surproduction et pénurie.
Dans les années 2000, il y a eu une explosion des prix à cause des cyclones et de la situation politique, et la vanille a subi une forte hausse. C’est un marché très cyclique.
Il y a des années où je vendais le kilo de gousses à 60 €.
J’ai également vu le développement de nouvelles provenances comme l’Ouganda, la Papouasie ou encore l’Inde. Quand j’ai commencé, nous avions uniquement de la Bourbon et de la Tahiti.
Eurovanille a beaucoup changé pendant ta carrière : qu’est-ce qui t’a le plus marqué dans cette transformation ?
La construction de la serre et l’agrandissement spectaculaire de l’usine.
Y a-t-il un produit, une innovation ou une évolution de gamme que tu as particulièrement aimé présenter aux clients ?
Oui, la Perle de Vanille qui, pour moi, est le produit le plus innovant que nous ayons développé. Souvent copiée, jamais égalée.
Parmi toutes ces années, quel souvenir, quelle rencontre ou quelle anecdote te revient spontanément ?
Des souvenirs, j’en ai plein, mais un m’a particulièrement marqué : ma rencontre sur notre stand au Sirha avec une personne que j’admire et que j’apprécie beaucoup, Thierry Marx.
Qu’aimerais-tu transmettre aux nouvelles générations, que ce soit aux commerciaux ou aux personnes qui rejoignent Eurovanille aujourd’hui ?
Si je devais transmettre un message aux nouveaux arrivants, je leur dirais qu’ils intègrent une très belle entreprise, avec de nombreuses possibilités d’évolution.
Je leur dirais également qu’Eurovanille est une entreprise avec de très fortes valeurs humaines, que chaque personne est importante au sein de l’entreprise et que chacun peut apporter sa pierre à l’édifice, comme je l’ai fait pendant 29 ans.
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